L'église vue du sud-ouest

Agnetz

Saint-Léger * * * Afficher la carte

Paroissiale

Diocèse : Beauvais

Classé monument historique en 1850

Coordonnées GPS :
49°22' 56" N 2°23' 6" E
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Agnetz, église Saint-Léger

Accrochée à mi-pente du coteau qui domine une campagne monotone de champs ponctués ça et là de bosquets, au milieu de pâturages et de bois qui lui constituent comme un écrin, l’église Saint-Léger s’inscrit dans un site pittoresque, malheureusement menacé à terme par la floraison anarchique de pavillons et d’immeubles sans caractère.

Bâtie en plusieurs campagnes au cours du 13ème siècle, c’est une église dont la nef compte parmi les réalisations majeures de cette époque dans la région. Longue de quatre travées flanquées de bas-côtés, celle-ci se caractérise par le traitement particulier de son élévation à trois niveaux. Au-dessus des grandes arcades, reçues par des piles circulaires cantonnées de demi-colonnes ou, vers le vaisseau central, de colonnettes, le niveau des fausses tribunes – il ne s’agit en effet ni d’une véritable tribune, qui serait voûtée, ni d’un triforium, qui est un étroit passage fermé vers l’extérieur par un mur – et celui des fenêtres hautes sont circonscrits par une même colonnette prenant naissance sur la corniche surmontant les grandes arcades. Ces deux niveaux sont donc intégrés visuellement dans un même espace, suivant une démarche appelée à se populariser durant la période dite « rayonnante  » de l’architecture gothique. Elle aboutira finalement à la suppression de l’étage intermédiaire des fausses tribunes ou du triforium au profit des grandes arcades et des fenêtres hautes, dont les dimensions seront ainsi accrues d’autant.

Une immense fenêtre au complexe et magnifique réseau rayonnant occupe, en façade, toute la largeur de la nef. Elle contraste avec le discret portail qui, séparé d’elle par un feston d’arcatures aveugles, s’ouvre au-dessous. Comme dans les grands édifices, des arcs-boutants épaulent, à l’extérieur, le vaisseau central. Le transept non saillant, éclairé au nord et au sud par deux grandes fenêtres rayonnantes, et la partie droite du chœur, accostée de bas-côtés, appartiennent également au 13ème siècle.

L’élégante abside pentagonale, dont les hautes et étroites fenêtres gardent encore quelques vitraux anciens, a été reconstruite dans les années 1530. La voûte, qui comporte des liernes et des tiercerons, est d’un dessin remarquable. C’est durant le troisième quart du 16ème siècle que l’on a bâti la sacristie, surmontant une sorte de caveau destiné à racheter la déclivité du terrain et renfermant une Mise au Tombeau traitée dans un style réaliste et emphatique.

Reposant sur la croisée du transept, l’important clocher est ajouré sur chaque face de trois baies géminées.

La belle poutre de gloire a été déposée dans le bas-côté sud et l’église a conservé une cuve baptismale du 13ème siècle (1978, révisé 2015).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

L'extérieur de l'église

L'intérieur de l'église

Les chapiteaux

Le mobilier

Bibliographie :

  • Louis GRAVES, Précis statistique sur le canton de Clermont, arrondissement de Clermont (Oise), Beauvais, Achille Desjardins,‎ 1838.
  • Chanoine L. PIHAN, Esquisse descriptive des monuments historiques dans l’Oise, Beauvais, 1889, p. 162-169.
  • Ernest LAURAIN, "Les comptes de fabrique de l'église d'Agnetz de 1532 à 1577", Société Archéologique et Historique de Clermont, Procès-verbaux et communications diverses, 1904, p. 122-124.
  • René PARMENTIER, « L’Eglise d’Agnetz », Bulletin monumental, vol. 74, 1910, p. 470-488.
  • Ernest LAURAIN, "Epigraphie du Canton de Clermont", Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de Clermont-de-l’Oise, 1933-1937, p. 36-56.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise, I, Nouvelles Editions Latines, 1978, in-8° de 34 p., p. 2 (voir texte ci-dessus).
  • Agnès ARNAUDAS, « L’Eglise d’Agnetz », Comptes-rendus et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de Clermont-en-Beauvaisis, t. 35, 1978-1982, p. 1-66.
  • Claudine LAUTIER et Maryse BIDEAULT, Ile-de-France gothique, Paris, 1987, p. 39-46.

Sites internet :

  • Gotik-Romanik
  • Inventaire général du patrimoine culturel
  • Wikipédia (Pierre Poschadel, principalement)

Documents :

  • Extrait de Alphonse de CAYEUX, Charles NODIER et Justin TAYLOR, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Picardie, vol. 3, Paris, 1845.