L'église vue du sud-est (1995)

Ermenonville

Saint-Martin * Afficher la carte

Paroissiale

Diocèse : Senlis

Classé monument historique en 1911

Coordonnées GPS :
49°7' 34" N 2°41' 53" E
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Ermenonville, église Saint-Martin

Ermenonville est, à juste titre, bien davantage célèbre pour le château et le superbe parc, témoins des derniers mois de la vie de Jean-Jacques Rousseau en 1778, que pour son église Saint-Martin. Il faut dire que celle-ci, qui n’est pourtant pas sans mérite, a subi dans les années 1880 et “grâce” aux libéralités du châtelain d’alors, le prince Radziwill, une restauration drastique qui a fait perdre à l’édifice beaucoup de son authenticité.

La partie la plus ancienne (vers 1170/80) est la troisième travée du bas-côté nord, dont la robustesse et la présence d’une tourelle d’escalier à l’extérieur indiquent sans doute la base d’un premier clocher. Le profil des arcades et des ogives, le style des chapiteaux font directement référence à la cathédrale de Senlis, alors en cours d’achèvement.

C’est au début du 13ème siècle qu’il faut ensuite faire remonter le chœur de deux travées, terminé par un chevet plat percé d’un triplet, et ses bas-côtés. Chacune des travées du vaisseau central reçoit une voûte sexpartite dont l’ogive intermédiaire retombe sur des chapiteaux dont le tailloir est disposé “à bec”, c’est-à-dire en pointe. Les voûtains ont été refaits en plâtre au 19ème siècle. Traité avec sobriété et raffinement, cet ensemble n’est pas sans évoquer les choeurs des églises voisines de Ver-sur-Launette et de Borest, et s’inscrit dans l’environnement monumental de la proche abbatiale cistercienne de Chaalis.

La nef et ses bas-côtés ont été construits les derniers, principalement entre 1534 et 1540, dans un style gothique flamboyant assez assagi. A l’extérieur, la façade et le clocher se ressentent lourdement des interventions effectuées de 1883 à 1886 à l’initiative de la famille Radziwill.

L’église lui doit toutefois de posséder un mobilier néo-gothique – boiseries, banc d’oeuvre, stalles, chaire, buffet d’orgue…- d’une exceptionnelle qualité. On remarquera également le magnifique maître-autel en marbre polychrome orné d’un Saint-Martin peint en 1615 et le triptyque florentin du 16ème siècle, offert par la princesse Radziwill (1996, modifié 2017).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Structure et élévation :
Eléments de construction :

Galerie :

L'extérieur de l'église

L'intérieur de l'église

Bibliographie :

  • L. DUPILLE, "Ermenonville", Comité Archéologique de Senlis. Comptes-Rendus et Mémoires, 1885, p. 29-36.
  • Chanoine L. PIHAN, Esquisse descriptive des monuments historiques dans l’Oise, Beauvais, 1889, p. 529-535.
  • Abbé Eugène MÜLLER, Senlis et ses environs, Senlis, 1894, p. 147-153.
  • Comte Amédée de CAIX de SAINT-AMOUR, "Description de la Terre et Seigneurie d'Ermenonville (milieu du XVIIe siècle)", Comité Archéologique de Senlis, Comptes-Rendus et Mémoires, 1913, p. 155-161.
  • Geneviève MAZEL, « Ermenonville. L’histoire et la vie du village. Le château et les jardins du marquis de Girardin. Le souvenir de Jean-Jacques Rousseau », Groupe d'Etude des Monuments et Oeuvres d'art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB), Bulletin n°73-75, 1996.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Canton de Nanteuil-le-Haudouin. Valois et Multien, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise et S.E.P. Valois-Développement, 1996, in-8° de 32 p., p. 11-12 (voir texte ci-dessus).

Sites internet :

  • Creation of Gothic Architecture
  • Inventaire général du patrimoine culturel
  • Wikipédia (Pierre Poschadel)

Notes :

  • Ermenonville : notes de visite du 22/7/1995