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Mello

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Collégiale

Diocèse : Beauvais

Classé monument historique en 1921

Coordonnées GPS :
49°16' 22" N 2°21' 50" E
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Mello, collégiale Notre-Dame

Mello était le siège d’une très ancienne seigneurie tenue successivement par les Dreux de Mello, les Néelle et les Montmorency. Le château, dont l’imposante silhouette domine le bourg, autrefois fortifié, remonte aux Dreux de Mello mais fut modifié à de nombreuses reprises jusqu’au siècle dernier. L’une des tours abrite une chapelle construite par Louise de Néelle au 16e siècle. Mello possédait un prieuré dédié à Sainte-Madeleine et fondé en 1157 par Renaud de Mello pour honorer un morceau de la Vrai Croix que celui-ci avait ramené d’un pélérinage en Terre Sainte. L’église a été démolie en 1791.

L’église Notre-Dame a pour origine un chapitre fondé en 1103 par Martin de Mello. Jusqu’au 18e siècle, six chanoines et quatre chapelains y exerçaient. Eglise collégiale, c’est-à-dire attachée au service du seigneur, Notre-Dame était également le siège de la paroisse. L’édifice remonte pour l’essentiel à la fin du 12e et au début du 13e siècle. Sa silhouette trapue résulte à la fois de la suppression de la seconde travée du chœur en 1741 (elle tombait en ruines) et du développement limité de la nef (deux travées) en raison de la présence, à l’ouest, d’une construction aujourd’hui disparue, appelée château d’Argies (ou de Dargies). Cette particularité explique également que l’entrée principale de l’église – précédée d’un profond porche couvert en pierre – soit située au sud, seul un petit portail, aujourd’hui condamné, s’ouvrant dans le mur ouest.

A l’origine, le plan de l’église comprenait une nef de deux travées, avec bas-côtés, un transept saillant et, selon toute vraisemblance, un chœur de deux travées, également avec bas-côtés, terminé par un chevet plat. La façade occidentale est implantée en biais, pour les raisons évoquées plus haut. Au 16e siècle, la nef a été dotée d’un second bas-côté au nord et, au sud, une chapelle est venue occuper l’espace compris entre le portail et le bras sud du transept. C’est aussi à cette époque qu’il faut placer la reconstruction partielle des parties orientales de la croisée et du chœur et qu’une nouvelle voûte, avec liernes et tiercerons, est venu recouvrir la croisée du transept.

C’est donc dans la nef et le transept que subsistent seules les dispositions primitives. L’élévation à trois niveaux – grandes arcades, fausses tribunes et fenêtres hautes – traduit l’ambition du commanditaire de la construction – le titulaire de la baronnie de Mello – de faire de Notre-Dame un des édifices majeurs de la région. A mi-hauteur, un bandeau finement travaillé fait le tour de l’édifice et sert d’appui au formeret des voûtes. Les deux niveaux supérieurs sont ainsi étroitement associés et, à l’inverse, nettement séparés de celui des grandes arcades. Cette disposition, ainsi que l’unique baie recoupée par une colonnette qui, à chaque travée, s’ouvre au niveau de la fausse tribune, rattache clairement Notre-Dame à un courant régional issu de Saint-Etienne de Beauvais et qu’illustrait également l’église disparue de Saint-Evremond de Creil, des années 1160. Au milieu du 13e siècle, et cette fois dans le style rayonnant alors en vigueur, Saint-Léger d’Agnetz perpétuera cette tradition. Plutôt conservatrice par son élévation et les piles fasciculées (c’est-à-dire constituées de nombreuses colonnes et colonnettes) des grandes arcades, Notre-Dame adopte en revanche pour l’étage supérieur la fenêtre à double lancettes surmontée d’une rose (deux lancettes seules dans la nef) et le contrebutement par arc-boutant qui sont alors à la pointe du progrès de la construction gothique.

Au nord de la nef, une véritable tribune voûtée se substitue à la fausse tribune rencontrée ailleurs et servait à accueillir le seigneur et sa famille lors des offices. Le revers de la façade occidentale et celui des façades des bras du transept adoptent également une élévation tripartite. Une arcature aveugle (façade occidentale) ou une double arcature en plein cintre circonscrivant deux fenêtres (bras du transept) répondent aux grandes arcades. Au-dessus, un triforium passage vitré (l’un des tout premiers de ce type) assure la continuité de la circulation entre les fausses tribunes de la nef et du chœur. Enfin, une grande rose occupe tout l’étage des fenêtres hautes et affirme le caractère ambitieux de l’édifice. Si celle du nord a perdu son remplage auquel se substitue une simple fenêtre à double lancettes, les deux autres montrent un magnifique réseau à profil prismatique combinant étoiles et quadrilobes, à l’évidence plus tardif (fin 13e siècle).

Dans le bras nord du transept s’est conservé la sépulture de Jean de Bruges, seigneur de la Gruthuse, et de Louise de Néelle (morte en 1530). Bien que mutilé, c’est une œuvre de qualité combinant les formes de la Renaissance et du gothique tardif (1997).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

L'extérieur de l'église

L'intérieur de l'église

Bibliographie :

  • Louis GRAVES, Précis statistique sur le canton de Creil, arrondissement de Senlis (Oise), Beauvais, Achille Desjardins,‎ 1828.
  • Chanoine L. PIHAN, Esquisse descriptive des monuments historiques dans l’Oise, Beauvais, 1889, p. 452-456.
  • Abbé Eugène MÜLLER, "Quelques notes encore sur les cantons de Creil et de Chambly", Comité Archéologique de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, 1897-1898, p. 203-204.
  • G.S., L'église N.-D. de Mello, Le prieuré de la Madeleine, Aurillac, 1928, in 8° de 60 p.
  • Claudine LAUTIER et Maryse BIDEAULT, Ile-de-France gothique, Paris, 1987, p. 209-217.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Canton de Montataire. Vallées de l’Oise et du Thérain, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise et O.T.S.I. de Saint-Leu-d’Esserent, 1997, in 8° de 24 p., p. 8-9 (voir texte ci-dessus).
  • Dominique HEULS, "Le banc de communion de l'église Notre-Dame de Mello (Oise).", Quadrilobe, n° 3, 2009.
  • Erika RINK et Nikolaus BRADE, Kirchenschicksale in Nordfrankreich/Destins d'églises dans le Nord de la France, Ernst A. Chemnitz/Cap Régions Editions, 2013, p. 78-79.

Sites internet :

  • Wikipédia (Pierre Poschadel)

Documents :

  • Extrait de Alphonse de CAYEUX, Charles NODIER et Justin TAYLOR, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Picardie, vol. 3, Paris, 1845.