L'église vue du sud-est (2001)

Montépilloy

Saint-Jean-Baptiste * Afficher la carte

Prieuré-cure

Diocèse : Senlis

Inscrit monument historique en 1971

Coordonnées GPS :
49°12' 31" N 2°41' 56" E
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Montépilloy, église Saint-Jean-Baptiste

Dominant la plaine du Valois, le butte de Montépilloy offre de toutes parts aux regards la haute silhouette insolite du donjon ruiné de son château, propriété des Le Bouteiller, seigneurs de Senlis et Chantilly. C’est à Gui III, contemporain de Philippe Auguste, que l’on doit la construction de l’église actuelle vers 1190. Elle était le siège d’un petit prieuré cure dépendant de l’abbaye d’Hérivaux.

Son plan s’inscrit dans un rectangle et comprend quatre travées voûtées d’ogives. Sous son apparente simplicité, l’église appartient en réalité à trois époques différentes. Le gros oeuvre, avec les contreforts, les fenêtres en forme de simple lancette et la corniche composée d’une suite de modillons concaves formant comme une frise, appartient à l’église de Gui III. Inhabituelle dans la région mais fréquente en Bourgogne, cette corniche se retrouve non loin de là à Rully et Ermenonville.

D’importants travaux semblent avoir eu lieu durant la première moitié du 14ème siècle car toutes les bases des colonnes et colonnettes sont de cette époque. Faut-il imaginer un premier revoûtement de l’église à ce moment ? L’existence de chapiteaux de la fin du 12ème siècle déposés au bas de la nef prouvent en tout cas que la première église comportait déjà des voûtes d’ogives. C’est également du 14ème siècle que date le charmant petit portail de la façade. Les fines colonnettes à diamètre décroissant de ses piédroits comme l’arcature trilobée qui décore son tympan sont caractéristiques de ce temps et se retrouvent, identiques, au portail contemporain de Silly-Tillard, près de Noailles.

L’église dut enfin considérablement souffrir de la Guerre de Cent Ans car les voûtes actuelles sont de la fin du 15ème siècle. Prolongeant directement les colonnettes conservées de l’ancienne voûte, elles forment un ensemble particulièrement élégant. Seule une petite frise discontinue et finement sculptée de feuillages rappelle discrètement l’emplacement des anciens chapiteaux. C’est également à cette époque qu’il faut situer les trois grandes fenêtres au superbe réseau flamboyant qui ajourent la dernière travée, celle du choeur (2002, modifié 2016).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

L'extérieur de l'église

L'intérieur de l'église

Bibliographie :

  • Louis GRAVES, Précis statistique sur le canton de Senlis, arrondissement de Senlis (Oise), Beauvais, Achille Desjardins,‎ 1841.
  • Abbé Eugène MÜLLER, Senlis et ses environs, Senlis, 1894, p. 179-182.
  • Gustave MACON, "Montépilloy", suivi de "Les fiefs de Montépilloy", Comité Archéologique de Senlis, Comptes-Rendus et Mémoires, 1911, p. 140-195.
  • Pierre-Jean TROMBETTA, « L’architecture religieuse dans l’ancien Diocèse de Senlis (1260-1400) », Société d’Histoire et d’Archéologie de Senlis, Comptes-rendus et mémoires 1971-1972, p. 44-46.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Cantons de Senlis et de Chantilly. Vallées de la Nonette et de la Thève, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise et communes des cantons de Senlis et Chantilly, 2002, in-8° de 56 p., p. 22 (voir texte ci-dessus).

Sites internet :

  • Wikipédia (Pierre Poschadel)