L'église vue du sud-est (1994)

Orrouy

Saint-Rémy * * * Afficher la carte

Paroissiale

Diocèse : Soissons

Classé monument historique en 1920

Coordonnées GPS :
49°17' 24" N 2°51' 22" E
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Orrouy, église Saint-Rémy

Accrochée au versant nord de la vallée de l’Automne, Saint-Rémi attire l’attention par son haut clocher-porche, inspiré très directement de celui de l’abbatiale voisine de Morienval.

Cette tour des années 1130 faisait autrefois saillie sur le mur de façade selon une disposition caractéristique du clocher-porche, dernier héritier appauvri des complexes “massifs-occidentaux” bâtis en avant de nombre d’églises carolingiennes et ottoniennes. La reconstruction des bas-côtés, vers 1760, l’a complètement englobé dans le plan de l’église, comme à Morienval. A l’origine, le rez-de-chaussée s’ouvrait donc sur l’extérieur par trois arcades brisées et, sur la nef, par une arcade de même forme. Une voûte en berceau brisé le recouvre.

Au-dessus d’un premier étage faiblement éclairé s’élèvent deux étages semblables, ajourés sur les quatre côtés par deux baies géminées en plein cintre recoupées par une colonnette. Les archivoltes sont soulignées par une moulure biseautée ou un ruban plissé et des colonnettes adoucissent les angles. Un toit en bâtière termine cet ensemble, qui devait avoir fort belle allure lorsque les bas-côtés ne l’enserrait pas comme aujourd’hui et que toutes les baies étaient ouvertes.

La nef est contemporaine mais très remaniée. Ses quatre travées s’ouvrent sur les bas-côtés par des arcades brisées dont les piles ont été retaillées, particulièrement au nord. Les fenêtres, très allongées, sont percées dans l’axe des piles, comme à l’église voisine de Champlieu et dans de nombreux édifices de la région. Cette disposition, choisie pour des raisons d’économie, empêche cependant toute articulation du vaisseau central en travées bien marquées faute de pouvoir y engager dans les murs gouttereaux des demi-colonnes ou des dosserets.

Le choeur actuel est du 16ème siècle. A chevet plat et profond de deux travées, c’est une réalisation d’une très grande qualité conçue intérieurement comme un volume unifié, les bas-côtés étant à la même hauteur que le vaisseau central, selon le principe du choeur-halle. Très répandue à cette époque – avec le complément possible d’une abside polygonale (Fresnoy-la-Rivière, Saint-Denis de Crépy-en-Valois…) – cette formule avait été inaugurée dès le milieu du 13ème siècle au choeur de Nogent-sur-Oise.

Les ogives à profil prismatique des six voûtes retombent en pénétration directe sur deux piles circulaires. L’extérieur, beaucoup plus élevé du fait de la déclivité du terrain, a grande allure avec ses puissants contreforts ouvragés et ses toitures indépendantes multipliant les pignons (1996, modifié 2016).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

La nef et le clocher romans

Le choeur gothique

Bibliographie :

  • Louis GRAVES, Précis statistique sur le canton de Crépy-en-Valois, arrondissement de Senlis (Oise), Beauvais, Achille Desjardins,‎ 1843.
  • Eugène LEFEVRE-PONTALIS, L’Architecture religieuse dans l’ancien diocèse de Soissons au XIe et au XIIe siècle, tome II, Paris, 1897, p. 74-76 et planche hors texte.
  • Chanoine Eugène MÜLLER, "Courses archéologiques autour de Compiègne", Bulletin de la Société Historique de Compiègne, t. 11, 1904, p. 248-249.
  • Philippe BONNET-LABORDERIE, La vallée de l'Automne, Groupe d’Etudes des Monuments et Oeuvres d’art de l'Oise et du Beauvaisis (GEMOB), Promenades VII - Tome 1, Bulletin n° 64, 1994, p. 22-25.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Canton de Crépy-en-Valois. Les 35 Clochers de la Vallée de l’Automne, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise et S.E.P. Valois-Développement, 1996, in-8° de 56 p., p. 36-37 (voir texte ci-dessus).

Sites internet :

  • The Medieval Stained Glass Photographic Archive
  • Wikipédia (Pierre Poschadel)

Documents :

  • Extrait de Eugène LEFEVRE-PONTALIS, L’Architecture religieuse dans l’ancien diocèse de Soissons au XIe et au XIIe siècle, tome II, Pl XXXVII, Paris, 1897 (dessin de Léon Guellier).
  • Extrait de Arthur MÄKELT, Mittelalterliche Landkirchen aus dem Entstehungsgebeite des Gotik, Leipzig, réimpression de l’édition originale de 1906, p. 83.

Notes :

  • Orrouy : notes de visite de 8/1994