La façade ouest vue du nord-ouest (2001)

Senlis

Saint-Louis de la Charité Notre-Dame ou des Carmes * * Afficher la carte

Abbaye

Diocèse : Senlis

Inscrit monument historique en 1994

Coordonnées GPS :
49°12' 11" N 2°34' 57" E
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Senlis, abbaye Saint-Louis de la Charité Notre-Dame ou des Carmes

Occupée par l’armée de 1847 à 1998, l’ancienne abbaye des Carmes avait rapidement bénéficié d’une restauration soignée des anciens bâtiments conventuels mais l’église n’a pas eu cette chance et continue de se dégrader. Fondée en 1303 par un bourgeois de Senlis du nom de Jean Le Gagneur et dédiée à saint Louis, l’abbaye fut aussitôt affiliée à l’ordre hospitalier de la Charité Notre-Dame, créé peu auparavant. A partir de 1347, l’ordre suit la règle de saint Augustin. L’abbaye est cédée aux Carmes en 1641, d’où le nom qui lui est resté conjointement avec celui de la Charité. Elle disparaîtra à la Révolution.

Peu visible de l’extérieur hormis la façade occidentale couronnée par un magnifique pignon ajouré de trois oculi quadrilobés, l’église adopte un plan très simple, comparable à celui de Saint-Frambourg mais selon des proportions bien plus modestes : à la nef unique longue de quatre travées fait suite une abside pentagonale. Deux arcades percées dans les murs nord et sud de la troisième travée indiquent toutefois que deux chapelles étaient autrefois greffées sur la nef. L’élévation est simple et une fenêtre ajoure chaque travée. L’édifice est construit avec un très grand soin et, si la façade peut être attribuée à l’époque de la fondation, le reste paraît nettement plus tardif. Des voûtes d’ogives – quadripartites pour la nef, à six compartiments pour l’abside – recouvrent l’ensemble. Dans l’abside, les nervures à profil prismatique retombent sur des culots sculptés qui formaient des dais abritant des statues. Dans la nef, les retombées se font par l’intermédiaire d’un chapiteau continu formant frise. De magnifiques clefs armoriées, avec personnages, témoignent du soin apporté à la construction.

Les réseaux conservés des fenêtres adoptent des dessins différents et leur tracé flamboyant déjà bien affirmé aux deux premières travées plaide pour une reconstruction de l’église, sauf la façade, au 15ème siècle. Toutes les maçonneries sont en effet homogènes et ces fenêtres ne résultent pas d’un percement ultérieur (D.Vermand, 2002, modifié 2017).

Points d'intérêt :

Galerie :

Bibliographie :

  • Abbé Eugène MÜLLER, "Essai d'une monographie des Rues, Places et Monuments de Senlis", Comité Archéologique de Senlis, Comptes-Rendus et Mémoires, 1878, p. 126-128.
  • Pierre-Jean TROMBETTA, « L’architecture religieuse dans l’ancien Diocèse de Senlis (1260-1400) », Société d’Histoire et d’Archéologie de Senlis, Comptes-rendus et mémoires 1971-1972, p. 59-64.