L'église vue du sud-ouest (2006)

Thiescourt

Assomption de Notre-Dame * * * Afficher la carte

Paroissiale

Diocèse : Noyon

Classé monument historique en 1921

Coordonnées GPS :
49°34' 3" N 2°53' 1" E
Fermer la carte

Thiescourt, église Assomption de Notre-Dame

Située au cœur du secteur le plus touché de la région lors de la Guerre 14-18 et occupant une position dominante qui la rendait très exposée, Notre-Dame aurait pu connaître un sort beaucoup plus funeste. Bien que sévèrement touchée, notamment au niveau des voûtes et des bas-côtés, elle y perdait surtout son clocher, bâti en façade et dont la première pierre avait été posée le 21 août 1887 comme l’indique une plaque commémorative insérée au revers du mur ouest. Restaurée avec beaucoup de soin dans les années 1920 et dotée d’un nouveau clocher porche aux dimensions impressionnantes – parfait exemple d’architecture art déco -, Notre-Dame est un édifice d’un très grand intérêt.

Modifiée aux 14ème et 16ème siècles, elle remonte au troisième quart du 12ème siècle et sa construction est à replacer dans le contexte de celle de la cathédrale de Noyon, dont le chapitre possédait la cure. Le plan d’alors peut être facilement reconstitué et comprenait une nef de trois travées avec bas-côtés et un chœur formé d’une travée droite et d’une abside pentagonale. Un clocher, encore signalé par Graves en 1834, s’élevait sur la travée droite du chœur.

Bien conservée, l’abside s’inspire des chapelles rayonnantes de la cathédrale diocésaine, d’un quart de siècle antérieures. Une double arcature aveugle en plein cintre occupe la partie inférieure de chacun des cinq pans. Au-dessus, s’ouvre une simple lancette soulignée par une moulure torique reçue sur deux colonnettes. Une clef sculptée de l’Agneau pascal réunit les ogives de l’unique voûte, à six compartiments. Les bases d’origine comportent une décoration soignée où l’on identifie des petits personnages se tenant la tête. Seule partie du 12ème siècle visible depuis l’extérieur, cette abside a conservé sa corniche à modillons sculptés. La travée droite du chœur est couverte d’une voûte d’ogives refaite à l’identique sur le modèle de celle de la première travée de la nef, la seule qui soit restée intacte après la guerre. Sa forme bombée, le profil des ogives – un tore central en amande faisant saillie sur les deux tores qui l’encadre – ainsi que les chapiteaux à tiges ou feuilles découpées se terminant en crochets se retrouvent dans le chœur de la cathédrale noyonnaise.

Les trois travées du vaisseau central de la nef reçoivent aussi des voûtes d’ogives, ce qui est exceptionnel dans la région à cette époque, où les nefs des églises de taille moyenne restent encore simplement plafonnées. Dépourvues d’arcs formerets, elles sont reçues sur une demi-colonne (pour l’arc-doubleau) encadrée par deux colonnettes (pour les ogives). La communication avec les bas-côtés s’effectue par des arcades brisées à ressaut qui ne comportent ni tailloir ni chapiteau et sont d’esprit encore roman. Une fenêtre en plein cintre s’ouvre immédiatement au-dessus, prouvant que les bas-côtés d’origine, plus étroits que les actuels, n’étaient pas voûtés.

Aujourd’hui cachée par le clocher porche, la partie supérieure de la façade du 12ème siècle est percée de deux hautes lancettes visibles depuis l’intérieur. Très caractéristique de l’époque, le portail comporte trois voussures toriques reçues sur autant de colonnettes. C’est au 14ème siècle que deux croisillons (ou chapelles) sont greffés sur la travée droite du chœur, comme le montrent le profil des arcades percées alors pour les mettre en communication avec ce dernier, et le type des fenêtres (reconstituées après la guerre).

Au 16ème siècle, les bas-côté sont reconstruits avec une largeur équivalente à celle de la nef et dotés de voûtes d’ogives. De style gothique flamboyant, celui du nord est légèrement antérieur à son vis-à-vis, où apparaissent des éléments de la Renaissance. Dans les deux cas, l’extérieur des fenêtres de la nef reste parfaitement visible et des toitures indépendantes couvrent chaque travée. Dominant l’ensemble, le clocher art déco est remarquable par ses lignes sobres et tendues, au tracé presque exclusivement orthogonal si l’on excepte le portail en plein cintre (2008).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

Bibliographie :

  • Louis GRAVES, Précis statistique sur le canton de Lassigny, arrondissement de Compiègne (Oise), Beauvais, Achille Desjardins,‎ 1850.
  • Emile COËT, Notice historique et statistique sur les communes de l’arrondissement de Compiègne, Compiègne, 1883.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Pays de Sources et Vallées. Cantons de Guiscard, Lassigny, Noyon, Ressons-sur-Matz et Ribécourt, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise, Sources et Vallées et Europe, 2008, in-8° de 110 p., p. 98-99 (voir texte ci-dessus).

Notes :

  • Thiescourt : notes de visite du 5/8/2006