L'église vue depuis les parties hautes de la cathédrale (1993)

Senlis

Saint-Pierre * * * Afficher la carte

Paroissiale

Diocèse : Senlis

Classé monument historique en 1887

Coordonnées GPS :
49°12' 23" N 2°35' 16" E
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Senlis, église Saint-Pierre

Utilisée comme lieu d’accueil pour des manifestations culturelles depuis 1981, Saint-Pierre était la plus importante église paroissiale de Senlis. Les fouilles effectuées à l’occasion des travaux de restauration ont permis d’identifier une église préromane sans doute pourvu de deux tours encadrant le choeur, un parti assez répandu dans la région jusqu’à la fin de la période romane. C’est à l’emplacement de la tour nord que sera reconstruit, à la fin du 11ème siècle, le clocher actuel, dont les deux premiers étages montre des baies géminées en plein cintre (bouchées pour des raisons de stabilité) garnies de colonnettes et de billettes. Un clocher similaire subsiste en partie à Saint-Aignan de Senlis et tous deux appartiennent à une famille dont Morienval (seul édifice à avoir conservé ses deux tours), Pontpoint et Rhuis constituent les plus beaux exemples. Un étage et une flèche en pierre, d’une qualité médiocre, viendront compléter ce clocher dans les années 1430. Ils s’accompagneront d’une audacieuse reprise en sous-oeuvre de la base de ce dernier dans le souci de “gommer” toute présence de la construction romane.

Pour l’essentiel, Saint-Pierre est un édifice des 13ème (choeur et transept) et 15ème/16ème siècle (nef). Une haute tour couronnée d’une balustrade et d’un dôme mettra un point final aux travaux à la fin du 17ème siècle.

Fortement remanié au 16ème siècle, l’ensemble choeur/transept a été bâti dans les années 1240. Les fouilles de 1977/78 ont permis de montrer que le choeur du 13ème siècle comportait initialement une travée droite flanquée de deux chapelles terminées carrément et une abside à cinq pans. La communication entre les chapelles et la partie centrale s’effectuait par une arcade très étroite – une disposition qui se retrouve à Chambly – au-dessus de laquelle s’ouvrait un oculus.

Vers 1530, les chapelles seront reconstruites en doublant leur longueur et la communication avec la partie centrale fera l’objet d’une complète reprise en sous-oeuvre, aboutissant au dispositif actuel de deux arcades retombant sur une pile circulaire. Tous les remplages des fenêtres seront par ailleurs refaits à cette époque dans le style flamboyant. Les piliers de la croisée, toutes les voûtes et les chapiteaux témoignent encore cependant de la qualité de la construction du 13ème siècle.

Longue de quatre travées et très fortement désaxée vers le nord, la nef sera bâtie en deux campagnes au milieu du 15ème siècle (deux dernières travées) et dans les années 1510 (façade et deux premières travées). Seuls les bas-côtés sont voûtés d’ogives, le vaisseau central étant couvert d’une belle charpente en carène. Des faisceaux de colonnettes en attente sur les piles montrent toutefois qu’un étage de fenêtres hautes et des voûtes d’ogives étaient prévus. Les fenêtres des bas-côtés comportent des réseaux flamboyants aux dessins variés.

La partie la plus remarquable est la façade, magnifique exemple de style gothique flamboyant. Un cartouche portant la date de 1516, à gauche du portail central, authentifie la date de sa construction. Sa division tripartite bien hiérarchisée, qu’accentuent les deux tourelles d’escalier, répond exactement à celle de la nef (un vaisseau central encadré de deux bas-côtés). L’abondance et le raffinement du décor ne nuisent nullement à la clarté d’une composition qui privilégie la partie centrale, entièrement occupée par le portail dont le haut tympan est complètement vitré selon un usage qui tend à se généraliser à l’époque. Les voussures sont sculptées de douze personnages issus, pour la plupart, de la Bible (2002).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

L'extérieur de l'église

L'intérieur de l'église : le choeur et le transept du 13ème siècle

L'intérieur de l'église : le gothique flamboyant

Bibliographie :

  • Louis GRAVES, Précis statistique sur le canton de Senlis, arrondissement de Senlis (Oise), Beauvais, Achille Desjardins,‎ 1841.
  • Abbé Eugène MÜLLER, "Essai d'une monographie des Rues, Places et Monuments de Senlis", Comité Archéologique de Senlis, Comptes-Rendus et Mémoires, 1881, p. 205-215.
  • Eugène LEFEVRE-PONTALIS, Congrès archéologique de France, 72ème session, Beauvais, 1905, Société française d’archéologie, Paris et Caen, 1906, p. 103-105.
  • Nicole et Louis BARDON, « La paroisse Saint-Pierre de Senlis au XVIe siècle d’après les registres paroissiaux », Revue archéologique de Picardie , n°3, 1982, p. 21-28.
  • Marc DURAND, Didier VERMEERSCH et Monique WABONT, « Les fouilles de l’ancienne église et du cimetière Saint-Pierre à Senlis », Société d’Histoire et d’Archéologie de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, 1990-1994, p. 24-72.
  • Dominique VERMAND, « Etude monumentale de l’église de Senlis », Société d’Histoire et d’Archéologie de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, 1990-1994, p. 73-112.
  • Serge RAMOND, "Les graffiti du XIXe siècle sur l'église Saint-Pierre de Senlis", Société d’Histoire et d’Archéologie de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, 1990-1994, p. 113-120.
  • Dominique VERMAND, « Saint-Pierre », Patrimoine senlisien, 4, Syndicat d’Initiatives - Office de Tourisme de Senlis, 1995.
  • Claude DUBOIS, "A propos du jubé de Saint-Pierre", Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis , Comptes-rendus et Mémoires, 1995-1997, p. 237-250.
  • Dany SANDRON, Compte-rendu de l'article de Dominique Vermand : "Etude monumentale de l'église Saint-Pierre de Senlis", Bulletin Monumental, 1996-3, p. 272-273.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Cantons de Senlis et de Chantilly. Vallées de la Nonette et de la Thève, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise et communes des cantons de Senlis et Chantilly, 2002, in-8° de 56 p., p. 42-44 (voir texte ci-dessus).
  • Florian MEUNIER, "Les Chambiges à Senlis. L'art flamboyant sous François 1er", Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis , Comptes-rendus et Mémoires, 2000-2001, p. 1-22.
  • Jean-Louis BERNARD, "Recherches et travaux archéologiques récents dans Senlis", Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis, Comptes-rendus et Mémoires, 2000-2001, p. 125-134.
  • Julie AYCARD, « Saint-Pierre de Senlis à l’époque flamboyante », Société d'Histoire et d'Archéologie de Senlis , Comptes-rendus et Mémoires, 2002-2003, p. 105-123.

Sites internet :

  • Creation of Gothic Architecture
  • Wikipédia (Pierre Poschadel, principalement)

Documents :

  • L’église vue de l’ouest au 18ème siècle par Tavernier de Jonquières (Bnf).
  • Extrait de Alphonse de CAYEUX, Charles NODIER et Justin TAYLOR, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Picardie, vol. 3, Paris, 1845.
  • Extrait de Alphonse de CAYEUX, Charles NODIER et Justin TAYLOR, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Picardie, vol. 3, Paris, 1845.