L'église vue du sud-ouest (2004)

Daméraucourt

Saint-Denis * * Afficher la carte

Paroissiale

Diocèse : Amiens

Coordonnées GPS :
49°42' 34" N 1°55' 34" E
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Daméraucourt, église Saint-Denis

Saint-Denis est un des rares édifices religieux de la région à avoir conservé des parties notables du 13ème siècle, la plupart d’entre eux ayant été reconstruits après la Guerre de Cent Ans. Bâti en limite du village sur un site légèrement dominant, il se compose d’une simple nef suivie d’une travée de clocher et d’un choeur terminé par une abside à pans coupés. Une chapelle de plan carré formant comme un croisillon est greffée au nord de la travée du clocher. Exceptée la nef, construction soignée réalisée au 18ème siècle et montrant un bel exemple d’alternance d’assises de briques et de pierre, le reste de l’édifice a été bâti en deux étapes rapprochées à partir des années 1230.

La première concerne le choeur et la base du clocher. Au-dessus d’un soubassement réalisé dans un mélange de moellons et de silex, un larmier continu et mouluré sert d’appui aux fenêtres. Les contreforts sont très saillants et comportent un important larmier aux deux tiers de leur hauteur. Une petite bâtière, parfois refaite, les couronnent. Une corniche à crochets s’est conservée dans la partie formant abside. Les fenêtres ont toutes la même composition, classique pour l’époque : deux lancette surmontées d’un petit oculus sont réunies sous un même arc de décharge. Le traitement est ici simplifié à l’extrême et reste dans la lignée des premières fenêtres composées gothiques où le mur est encore très présent et aucune colonnette ni mouluration ne vient souligner la composition. Il n’en est pas de même, en revanche, de la fenêtre axiale. Ici, le mur a disparu au profit d’un véritable remplage souligné par des colonnettes et des moulures toriques. L’oculus devient une véritable rose et les parties comprises entre les deux lancettes, la rose et l’arc d’encadrement sont évidées pour former des écoinçons, disposition caractéristique du gothique dit rayonnant qui apparaît à cette époque.

A l’intérieur, la travée du clocher – celui-ci ayant par ailleurs perdu l’étage du beffroi, remplaçé par une flèche en charpente et ardoises – n’a conservé du 13ème siècle que ses arcs d’encadrement, aux arêtes vives pour ceux du côté de la nef et de la chapelle nord et adoucis par des tores pour celui communiquant avec le choeur. La voûte, que des liernes divisent en huit compartiment a, en effet, été refaite en 1717. Réunis sous une même voûte à neuf compartiments, le choeur et l’abside sont particulièrement élégants et donnent l’illusion que cette partie de l’édifice adopte un plan circulaire. Presque tous les chapiteaux sont à crochets, comme il est de règle à l’époque. Deux sont cependant décorés de petits personnages, dans la tradition du 12ème siècle.

Objet d’une seconde campagne de construction et très dégradée, la chapelle nord remonte cependant au 13ème siècle comme le montrent les maçonneries extérieures, les arcs formerets et l’amorce d’un remplage à la fenêtre nord. Elle servait, au moins depuis le 16ème siècle, de chapelle seigneuriale et a conservé jusqu’en 1784 les tombeaux de Jean de Lannoy et de son épouse Anne de Herblot, très dégradés et partiellement réutilisés dans le choeur.

Du mobilier, on retiendra surtout une cuve baptismale en forme de chapiteau, de la fin du 12ème siècle, et une très belle poutre de gloire du 16ème siècle – le Christ est en bois, la Vierge et saint Jean sont en pierre – remontée à l’entrée de la chapelle nord en 1762 (2007).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

Bibliographie :

  • Chanoine L. MARSAUX et THOREL-PERRIN, "Excursion dans le canton de Grandvilliers", Mémoires de la Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, t. 17, 1898-1900, p. 244-246.
  • Abbé MEISTER, "Epigraphie du canton de Grandvilliers", Mémoires de la Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, t. 19, 1904-1906, p. 83-93.
  • Abbé MEISTER, "Epigraphie du canton de Grandvilliers. Inscriptions relatives au XIXe siècle", Mémoires de la Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, t. 20, 1907-1908, p. 179-181.
  • Abbé MEISTER, "Epigraphie du canton de Grandvilliers. Inscriptions relatives au XIXe siècle", Mémoires de la Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, t. 20, 1907-1908, p. 842-843.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Picardie verte. Cantons de Formerie, Grandvilliers, Marseille-en-Beauvaisis et Songeons, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise et Communauté de Communes de la Picardie Verte, 2007, in-8° de 82 p., p. 18-19 (voir texte ci-dessus).

Sites internet :

  • Inventaire général du patrimoine culturel

Notes :

  • Daméreaucourt : notes de visite du 7/7/2005