L'église vue du sud-est (2004)

Sarcus

Saint-Pierre * * * Afficher la carte

Paroissiale

Diocèse : Amiens

Coordonnées GPS :
49°41' 11" N 1°52' 1" E
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Sarcus, église Saint-Pierre

Sarcus est avant tout connu pour le magnifique château de style renaissance qu’y avait fait bâtir, dans les années 1520, Jean de Sarcus, représentant sans doute le plus glorieux d’une lignée connue depuis le 12ème siècle. Ce magnifique témoin de la première Renaissance française a été stupidement détruit en 1834. Quelques modestes restes ont seuls survécus : ils ont été remontés à Nogent-sur-Oise et dans une propriété privée, à Pouilly, non loin de Méru. Cet intérêt porté au château a largement éclipsé l’attention réservée à l’église, pourtant l’un des édifices les plus intéressants de tout le nord-ouest de l’Oise.

De dimensions respectables, Saint-Pierre comprend une nef avec bas-côtés et un transept saillant, bâtis en deux campagnes au 16ème siècle, et un choeur allongé terminé par une abside à cinq pans qui remonte au second quart du 13ème siècle. Une haute flèche octogonale en charpente et ardoises s’élève à la croisée. Le choeur, construit en pierres calcaires soigneusement appareillées, est la partie la plus remarquable. A l’extérieur, des contreforts larges et profonds qui se terminent en bâtière épaulent les murs à intervalles réguliers. Le soubassement est souligné par un larmier continu qui sert d’appui aux fenêtres. Le remplage de celles-ci, partout identique, est constitué de deux lancettes surmontées d’un trilobe. Leur positionnement à l’aplomb de la face interne du mur a pour effet d’en révéler toute l’épaisseur et renforce le caractère à la fois sobre et puissant de cette architecture.

A l’intérieur, le même souci de simplification a prévalu. Les voûtes d’ogives – deux pour la partie droite et une, à six compartiments, pour l’abside – sont dépourvues d’arcs formerets (arc qui reçoit la voûte du côté du mur). Les retombées des ogives et des doubleaux se concentrent sur un unique chapiteau reposant sur une colonnette presque détachée du mur. La sculpture des chapiteaux, très soignée, représente uniformément des crochets qui se terminent en boules de feuillages, un thème presque systématique à l’époque. Parfait exemple du style gothique rayonnant, le choeur de Saint-Pierre de Sarcus fait écho, toutes proportions gardées, à l’abside de Saint-Martin-aux-Bois, avec laquelle les rapports ne relèvent certainement pas du hasard : fenêtres à trilobe non inscrit, profil semblable des ogives, concentration des retombées de la voûte sur un seul chapiteau, agencement similaire des contreforts, même simplification des volumes extérieurs.

Face à ce petit chef d’oeuvre architectural, le reste de l’édifice est plus classique. Légèrement plus ancien que la nef, le transept est couvert de trois voûtes d’ogives à profil prismatique, caractéristiques de la fin du gothique. Deux grandes fenêtres à réseau flamboyant s’ouvrent au nord et au sud. Celles qui s’ouvraient vers l’est ont été bouchées. La nef vaut avant tout pour son volume spacieux et ouvert dû aux trois grandes arcades qui, de chaque côté, s’élèvent presque jusqu’au sommet des murs gouttereaux. L’extérieur, et tout particulièrement la façade, montre un bel exemple de damier de briques et de pierre. Au-dessus du portail, la grande rose a malheureusement perdu son remplage.

L’élément le plus remarquable du mobilier est la cuve baptismale octogonale en pierre de style renaissance datée, par une inscription, de 1552. Ses faces portent, notamment, des représentations sculptées de l’Annonciation, du baptême du Christ et de la Trinité (2007, modifié 2016).

Chronologie :

Points d'intérêt :

Galerie :

Bibliographie :

  • HOUBIGANT, "Notice sur le château de Sarcus tel qu'il devait être en 1550", Mémoires de la Société Académique d’Archéologie, Sciences et Arts du Département de l’Oise, t. 4, 1859-1861, p. 158-220.
  • Chanoine L. MARSAUX et THOREL-PERRIN, "Excursion dans le canton de Grandvilliers", Mémoires de la Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, t. 17, 1898-1900, p. 240-244.
  • Abbé MEISTER, "Epigraphie du canton de Grandvilliers", Mémoires de la Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, t. 19, 1904-1906, p. 377-381.
  • Abbé MEISTER, "Epigraphie du canton de Grandvilliers. Inscriptions relatives au XIXe siècle", Mémoires de la Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, t. 20, 1907-1908, p. 822-825.
  • Dominique VERMAND, Eglises de l’Oise. Picardie verte. Cantons de Formerie, Grandvilliers, Marseille-en-Beauvaisis et Songeons, Comité Départemental du Tourisme de l’Oise et Communauté de Communes de la Picardie Verte, 2007, in-8° de 82 p., p. 69-70 (voir texte ci-dessus).

Documents :

  • Extrait de Alphonse de CAYEUX, Charles NODIER et Justin TAYLOR, Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, Picardie, vol. 3, Paris, 1845.

Notes :

  • Sarcus : notes de visite du 7/7/2005